L’ureaplasma urealyticum est une bactérie que l’on trouve dans le rhinopharynx de l’homme, et dans son appareil génital. Elle peut se transmettre durant un contact sexuel et s’apparente au mycoplasme, une autre forme de bactérie assez similaire. Et pourtant, ces deux types d’infection ne sont pas considérés comme faisant partie des infections sexuellement transmissibles. Voici pourquoi.

Victor

Mycoplasme et ureaplasma urealyticum : qu’est-ce que c’est ?

UreaplasmaLe mycoplasme et l’ureaplasma urealyticum sont des cellules bactériennes faisant partie des plus petits organismes vivants. De ce fait, ils sont souvent difficiles à identifier en raison de leur petite taille, et doivent être traités avec des antibiotiques spécifiques. Ils se caractérisent par un manque de parois cellulaires, contrairement aux autres formes de bactéries.
A priori, il existerait une multitude de types de bactéries mycoplasmes. Pour la plupart, elles sont totalement inoffensives et ne sont pas en mesure de causer des problèmes de santé. Pour l’heure, seules quatre formes de ces bactéries sont considérées comme étant à l’origine d’infections chez l’être humain. L’ureaplasma urealyticum en fait partie.

Le mycoplasme pneumoniae

Cette forme de bactérie peut générer une infection que l’on appelle aussi la pneumonie atypique. Elle se contracte généralement à la suite de l’inhalation de fluides respiratoires infectés par la bactérie. L’infection peut alors engendrer des symptômes divers tels que des maux de gorge, des sifflements, de la toux, de la fatigue et des maux de tête. En règle générale, les cas sont bénins et n’entraînent pas de pneumonie. Mais dans certains cas, l’infection se déclare dans les voies respiratoires de l’être humain.

Le mycoplasme hominis

Cette forme d’infection peut engendrer une sécrétion de l’urètre ainsi que des douleurs lors de la miction (processus d’élimination des urines). Certaines preuves suggèrent que ce type d’infection peut être directement lié à une maladie inflammatoire pelvienne. Elle peut aussi entraîner une grossesse extra-utérine. De ce fait, le mycoplasme hominis a un lien avec les cas de vaginose bactérienne, qui est souvent à l’origine de fausses couches ou de naissances prématurées. Néanmoins, peu d’études ont conclu à ce résultat et les recherches sont encore trop peu nombreuses. Certains de ses effets restent à déterminer.

Le mycoplasme genitalium

Cette bactérie a été identifiée pour la première fois durant les années 1980. Elle peut causer une infection capable d’engendrer des urétrites non chlamydiales ou non gonococciques chez l’homme, ainsi que des cervicites chez la femme. Néanmoins, cette forme d’infection bactérienne est le plus souvent asymptomatique. La recherche scientifique émet l’hypothèse selon laquelle il existe un lien entre l’infertilité féminine et cette forme d’infection à mycoplasme. Cette dernière serait plus souvent présente chez les femmes qui présentent une maladie inflammatoire pelvienne. Cependant, aucun lien n’a encore pu être établi entre ces deux maladies. La science doit encore travailler sur le sujet.

L’ureaplasma urealyticum

Ce quatrième type d’infection bactérienne touche les voies urinaires et se transmet par le biais de contacts sexuels. Une femme enceinte infectée peut tout à fait transmettre cette infection au fœtus, ou à l’enfant au moment de la naissance. En règle générale, cette infection est bénigne, mais elle peut aussi engendrer des insuffisances pondérales à la naissance, des naissances prématurées, des septicémies et des pneumonies. Elle doit donc être prise au sérieux.

Les causes et origines des infections à mycoplasmes et ureaplasma urealyticum

Les bactéries (ureaplasma urealyticum et mycoplasmes) peuvent tout à fait vivre dans les voies respiratoires et urogénitales d’hommes et de femmes, tout en étant bénignes. Dès lors, les cellules bactériennes débutent leur développement dans le corps et sur la peau sans que les personnes concernées s’en aperçoivent. Cependant, elles peuvent être à l’origine de divers problèmes notamment lorsqu’un déséquilibre bactérien survient dans l’organisme.
Les infections à mycoplasme ou à ureaplasma urealyticum se transmettent durant les rapports sexuels, mais elles ne font pas partie des infections sexuellement transmissibles. C’est dans la muqueuse, à l’intérieur des voies urogénitales, que la bactérie évolue et se développe.
On peut donc contracter une infection à ureaplasma urealyticum ou une infection à mycoplasme durant un contact direct avec des cellules infectées. Ce peut être par l’intermédiaire de contacts buccaux génitaux ou de contacts entre parties génitales. Certaines études scientifiques ont permis de déterminer qu’une contamination est possible entre la mère et son enfant durant l’accouchement ou avant, in utero.
Les personnes dites « immunodéprimées » présentent un risque plus important de contracter ces quatre types d’infections. En cas d’identification de l’infection, elles devront suivre un traitement spécifique. Par ailleurs, le mycoplasme pneumoniae se développe au sein du mucus présent dans les voies respiratoires. Il peut donc se transmettre par le biais de l’inhalation de gouttelettes infectées.

Les symptômes des infections à mycoplasme et à ureaplasma urealyticum

Généralement, ces deux types d’infections sont asymptomatiques. De ce fait, il n’est pas rare que les personnes infectées ne remarquent pas l’infection. Cependant, il est toujours possible que des symptômes se manifestent.
Chez l’homme, les infections se traduisent parfois par une urétrite, une sécrétion du pénis et des sensations de picotement au moment de la miction. Chez la femme, on remarque des sécrétions vaginales et urétrales, des douleurs dans la zone de l’estomac ou pendant un rapport sexuel, des saignements à l’issue des rapports sexuels, des sensations de brûlure durant la miction et un gonflement des parties génitales.
Ces symptômes sont assez proches de ceux présentés par les infections urinaires, et notamment par la cystite. Des tests plus poussés permettront de déterminer quelle est la nature de la bactérie, mais aussi quel est le traitement le plus adapté. Toutes les infections bactériennes ne se soignent pas avec les mêmes antibiotiques. Certains seront plus adaptés que d’autres notamment face aux infections à mycoplasme et à ureaplasma urealyticum.

La fréquence des infections et le traitement à suivre

Traitement Mycoplasme Genitalium et Ureaplasma

Les bactéries à mycoplasme et ureaplasma urealyticum sont le plus souvent présentes dans les voies urogénitales basses des femmes et des hommes sexuellement actifs. Mais elles ne sont pas toujours à l’origine d’une infection. Une récente étude suggère que seulement 1 % de la population serait infecté. On peut détecter les infections uniquement par le biais d’un prélèvement pénien, vaginal ou urinaire.
La plupart des infections bactériennes peuvent être traitées avec une prescription d’antibiotiques. Certains fonctionnent en tant que synthèse de peptidoglycane, qui est un processus faisant référence à la destruction totale de la paroi cellulaire de la bactérie. Néanmoins, les bactéries ureaplasma urealyticum et mycoplasmes ne comportent pas cette paroi, elles peuvent donc résister à ces antibiotiques.
Ainsi, pour soigner une infection à mycoplasme ou ureaplasma urealyticum, il est indispensable d’utiliser une autre forme d’antibiotiques. Seul un médecin est en mesure de prescrire le traitement adapté à une telle infection.

Pourquoi ces infections ne sont-elles pas des IST ?

Par IST, nous entendons « infections sexuellement transmissibles ». Et même si les infections à mycoplasmes et ureaplasma urealyticum peuvent se transmettre par voie génitale ou par contacts buccaux génitaux, elles n’en font pas partie. L’habilité de ces bactéries à engendrer une maladie (que l’on nomme aussi « pathogénicité ») n’a pas été confirmée par les études scientifiques. Le manque de preuves ne nous permet pas d’affirmer aujourd’hui que l’ureaplasma urealyticum et le mycoplasme sont en mesure de provoquer des problèmes de santé sur un moyen ou long terme.
Par ailleurs, les maladies sexuelles transmissibles à l’image de la gonorrhée ou de la chlamydia endommagent les organes reproducteurs. Elles peuvent aussi rendre les zones infectées sensibles aux futures infections. Leurs effets sur le long terme sont donc connus, contrairement à ceux des mycoplasmes et de l’ureaplasma urealyticum.

Éviter la contraction des infections à mycoplasme et à ureaplasma urealyticum

Pour éviter toute forme de transfert d’infection et de contamination, il est toujours préférable de protéger ses rapports sexuels. Pour cela, il n’existe que deux solutions vraiment fiables : le préservatif masculin ou le préservatif féminin.
Par ailleurs, conserver de bonnes pratiques sexuelles peut aussi aider à éviter les risques de contracter des infections, ou à endommager son corps. Les personnes sexuellement actives pourront effectuer des dépistages à des intervalles réguliers. Beaucoup d’IST sont asymptomatiques. Cela veut dire que seul un dépistage permet d’identifier leur présence, ou leur absence. Se tester régulièrement permet également de subir un traitement rapide en cas d’infection, et d’éviter toute forme de complication médicale.
En revanche, en cas de rapports non protégés, et notamment s’ils ne sont pas issus d’une relation monogame, il est conseillé d’effectuer des tests réguliers. Si vous pensez avoir contracté une IST ou une MST, effectuez des tests le plus rapidement possible.
Par ailleurs, votre médecin généraliste est à même de vous renseigner sur les risques et les symptômes des infections. Il peut vous livrer l’ensemble des informations relatives aux IST, MST et infections à mycoplasmes ou à ureaplasma urealyticum en cas de besoin.

Pour conclure

Il est toujours préférable de protéger ses rapports sexuels, que ce soit pour éviter les infections sexuellement transmissibles, ou les autres formes d’infections. Réaliser des dépistages réguliers peut aussi être une solution de prévention contre les infections, notamment contre les infections asymptomatiques. N’hésitez pas à solliciter les conseils de votre médecin de traitant, et de réaliser un dépistage dès qu’un doute se présente.

Ureaplasma urealyticum : origine et traitement
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